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LGV 2è phase

INTERVENTIONS de Daniel Beguin pour le groupe Les Verts (mandat 2004-2010) sur la LGV 2è phase
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Conseil Régional de Lorraine – Séance Plénière du 19 juin 2009

Le financement du TGV a effectivement pénalisé certaines régions, alors que d’autres ont gardé des marges financières importantes. Lorsqu’on discute avec le Président Jean-Jacques Queyranne, de la région Rhône-Alpes, bien évidemment il n’a pas financé son TGV puisque son TGV était rentable. A l’époque, il était rentable. Le nôtre, on nous l’a présenté comme étant non rentable et la vérité des chiffres a fait qu’en fin de compte, le TGV Est s’avère un des TGV les plus rentables de France. C’est bien une tromperie évidente. C’est une tromperie évidente pour amener notre collectivité à participer au cofinancement du TGV. Et je voudrais terminer pour vous dire que le paradoxe dans ce discours que j’entends c’est que, aujourd’hui, le modérateur qui est chargé par le gouvernement de négocier la deuxième phase de la LGV Est, son plan de financement demande à la Région Lorraine de faire un effort supplémentaire multiplié par 2,5. On s’est engagé à 60 millions d’euros. Ils nous demandent au minimum 130 millions d’euros, si ce n’est pas 150 millions d’euros. En exerçant une pression honteuse sur nous, nous faisons savoir que si, nous, collectivité régionale, la Région Lorraine, nous ne sommes pas solidaires avec la Région Alsace de ce plan de financement, nous porterons la responsabilité de la non-réalisation de la deuxième phase. Alors il faut savoir ce que l’on veut parce que si effectivement on décide de participer à hauteur de 130 millions d’euros ou 150 ou 180, cet argent on va le trouver où ? On ne pourra le trouver que dans l’emprunt et ne dites pas qu’on en est pas là puisque l’ultimatum de l’Etat c’est le 27 juin 2009. La semaine prochaine, l’ultimatum de l’Etat.

 Conseil Régional de Lorraine – Séance Plénière du 30 octobre 2009

On avait donné un avis défavorable à la participation de la Région Lorraine à la deuxième phase de la LGV Est. Je tiens à rappeler effectivement notre position. Ce n’est pas une opposition de principe à la mise en oeuvre des TGV en général. Ce sont pour trois raisons : des raisons économiques, des raisons sociales et des raisons environnementales. Pour les raisons économiques, nous considérons que le gain de temps, le faible kilométrage et l’investissement qui est mis en oeuvre sur ce dossier nous paraissent surdimensionnés, totalement surdimensionnés. 2,1 milliards d’euros pour 105 kilomètres et pour faire gagner un peu moins de 30 minutes à la ville et à l’agglomération de Strasbourg. Nous considérons en la matière qu’il eut mieux valu très certainement, avec des travaux nettement moins onéreux, optimiser et utiliser la ligne existante et ne pas obérer ainsi les capacités de financement des grandes collectivités comme la nôtre. Nous considérons que ces 120 millions d’euros de participation du Conseil Régional auraient été mieux utilisés, ou seraient mieux utilisés notamment pour accélérer le plan de rénovation des gares, mais aussi pour les inéluctables travaux qui vont venir dans les années 2010, 2011, 2012 et notamment les travaux d’entretien sur les voies ferrées classiques qui sont bien mal entretenues et qui nécessiteront un investissement considérable.

Nous considérons aussi qu’il aurait été opportun de regarder la réouverture d’un certain nombre de lignes qui correspondent à des besoins d’intérêt général. Nous considérons par ailleurs qu’il nous semble aussi important de revoir ce fameux questionnement de l’accessibilité de la capitale à partir de Strasbourg, de Nancy et de Metz, sur la base d’anciens trains Corail et sur l’utilisation des lignes anciennes. Le TGV c’est bien, mais c’est bien pour ceux qui le peuvent et il y en a beaucoup qui ne peuvent plus, ou qui ne peuvent pas : les jeunes, les seniors avec des maigres pensions, les demandeurs d’emploi. Toutes ces catégories sociales n’ont pas la capacité ou la possibilité d’utiliser le TGV, donc il faut leur donner la possibilité d’accéder aux grands centres urbains, comme cela se passait précédemment, à partir des lignes anciennes. Donc je ne parle pas plus particulièrement de cette question, de la gare de Louvigny, c’est une erreur stratégique majeure, mais le TGV, tout le monde ne peut pas le prendre parce que le TGV est cher. On avait eu un engagement de départ qui était d’avoir une certaine modération des prix, tout nous amène à penser que le TGV n’est accessible qu’à une certaine élite.

Troisième point sur lequel je voulais intervenir, c’est l’impact sur l’environnement. Quoi qu’on en dise, cette deuxième tranche va faire beaucoup de dégâts. Un, on aura des barrières infranchissables et je pense plus particulièrement à la zone Est du parc naturel régional de Lorraine. Malgré toutes les précautions d’usage, ça va être une rupture considérable. La coupure va être infranchissable pour de nombreuses espèces. Le paysage va être lourdement handicapé sur ce territoire dont le potentiel touristique est en devenir. La dégradation du patrimoine naturel sur un certain nombre d’espaces à grande valeur remarquable est quasi inéluctable. Les nuisances sonores sont avérées sur une grande partie des territoires concernés. Donc ces arguments font que manifestement l’impact environnemental sera considérable.

Donc globalement voilà les raisons pour lesquelles nous considérons, Monsieur le Président, que notre groupe n’est pas à même de donner un avis favorable à la participation de ce financement. J’allais presque dire pour gagner vingt minutes, pourquoi dès lors dépenser autant d’argent pour un gain de temps aussi faible et pour une infrastructure qui handicape autant les territoires traversés.

Dernier point, il nous semble aussi qu’on va handicaper nos capacités financières, Monsieur le Président. On fait appel à l’emprunt. La première phase de la LGV a déjà été très budgétivore. Je sais que l’opposition nous ramène systématiquement à la question de l’endettement et que cela reviendra dans le cadre de la campagne, mais je ne voudrais pas qu’on oublie qu’une grande partie de notre endettement c’est la solidarité et la participation à l’égard de la LGV Est, première phase, deuxième phase.

Je voudrais aussi qu’on réfléchisse au fait que la Région Lorraine ayant participé et participant à 80 % des fonds publics sur l’ensemble du territoire régional, cela a permis de dégager des moyens financiers substantiels pour la ville de Metz, l’agglomération de Metz, la ville de Nancy et l’agglomération de Nancy. Donc nous avons quelque part participé ou co-participé aux grands aménagements culturels de ces grandes agglomérations. Voilà, c’est un simple petit rappel en termes de clin d’oeil.