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Sarkozy au pays de Jeanne d'Arc

Brigitte Leblan et Christine L’heureux, élues régionales du groupe EELV du Conseil Régional de Lorraine, pour la Meuse et les Vosges, communiquent qu’elles ne participeront pas à la réception du Président Sarkozy lors de son déplacement le 6 janvier 2012 au pays de Jeanne D’arc.

Elles se refusent de cautionner le flou de l’utilisation des fonds de l’Etat pour une campagne électorale qui ne dit pas son nom alors que cet argent serait plus utile à maintenir les services publics sur les territoires ruraux comme celui de Domrémy – Vaucouleurs.

sondages, faut-il y croire ?

Voici ce qu'en dit Bastien François, adhérent de  Europe Ecologie Les Verts et conseiller régional d'Ile-de-France, cofondateur de la Convention  pour la 6e République, professeur des Universités que, outre ses fonctions de professeur des universités, directeur adjoint du Centre de recherches politiques de la Sorbonne (CRPS), directeur du Master 2 "Administration du politique", et président de la commission de spécialistes en science politique de l'Université Paris I.

Je lis, ici ou là, des commentaires de sondages concernant nos candidats potentiels à la présidentielle qui non seulement énervent le prof que je suis mais qui, surtout, reposent uniquement sur des artefacts.

Partons d'abord d'un constat : il n'y a pas un "politologue" sérieux en France (1) qui prend au sérieux, et qui commente, les sondages actuels sur les intentions de vote à la présidentielle. Pour une raison très simple : à cette distance de l'élection, alors qu'on ne connaît pas officiellement les candidats ni d'ailleurs leurs programmes, "l'opinion publique" n'est pas suffisamment constituée pour que les mesures effectuées par les instituts de sondages aient une signification réelle. Cela vaut également pour les "électorats" supposés de tel/le ou tel/le candidat/e.

A la différence des militants ou des journalistes, les personnes "ordinaires" (par exemple ma mère) n'ont pas une opinion constituée sur l'élection présidentielle (et encore moins une "intention de vote"), tout simplement parce qu'elles ne se posent pas la question, qu'elle n'est pas pour eux d'actualité, et qu'elles ne prêtent qu'une attention au mieux distraite à ce type d'information dans les médias. Au mieux, lorsqu'on fait des enquêtes, on ne peut recueillir que des représentations un peu grossières, qui n'ont plus grand sens quand on n'oppose pas seulement des camps ou des familles politiques, mais des candidat/es virtuel/es, que les personnes interrogées sont la plupart du temps incapables de positionner dans le champ politique. De ce point de vue, chercher à comparer les scores sondagiers de Nicolas Hulot et d'Eva Joly n'a, aujourd'hui, pas grand sens.

Sans vous infliger un cours sur les problèmes et biais du recueil d'une "opinion publique" (ou d'une intention de vote) - voir par exemple les travaux de Loïc Blondiaux, Patrick Champagne, Alain Garrigou ou Patrick Lehingue -, il faut savoir que les instituts de sondages se heurtent au moins à trois difficultés qui affectent fortement leurs résultats lorsqu'ils cherchent à mesurer des intentions de vote à plus d'un an d'une élection.

1. Il ont d'abord du mal, très pratiquement, à recueillir, des opinions (ou des intentions). Il faut compter au moins 10 appels téléphoniques , parfois beaucoup plus, pour réussir à obtenir une personne acceptant de répondre au sondage. Mais alors, que faire des 9 "silencieux", dont une partie votera effectivement le moment venu ? On ne sait pas grand chose, presque par définition, sur ces refus de répondre (refuser de répondre, ce n'est bien sûr pas la même que de répondre en disant qu'on ne sait pas), mais on peut faire l'hypothèse qu'ils refusent d'exprimer une opinion ou un choix qui (pour le moment) ne signifie rien pour eux. A ces refus de répondre, s'ajoutent les "sans opinion" (ou "ne se prononce pas"), fortement corrélés socialement, dont une grande partie est en fait éliminée par les instituts de sondage en cours d'enquête (parce que ça la fout mal auprès du média qui a commandé l'enquête de montrer, par exemple, que 70% des personnes interrogées n'ont pas d'opinion sur la question posée) et en tout cas masqués presque systématiquement par les instituts (du moins lors de la publication des sondages) - une véritable révolution consisterait à publier les données en tenant compte de cette forme d'abstention, et l'on verrait que tel/le candidat/e crédité par exemple de 25% d'intentions de vote n'est en fait choisi/e que par moins d'une dizaine de % des personnes interrogées. On peut encore ajouter que les "jeunes" sont particulièrement difficiles à saisir, notamment parce qu'ils sont difficilement joignables (par d'annuaire exhaustif des téléphones portables).

2. Ces opinions/intentions sont difficiles à recueillir. Elles sont aussi, à ce stade, peu consistantes et plutôt volatiles. Là encore ce point est très documenté en science politique. Ce qui n'empêche pas des personnes interrogées de répondre... Il y a en effet un phénomène de "bonne volonté" des sondés qui, après avoir accepté de répondre et alors même qu'il n'ont pas d'opinion/d'intention, veulent faire plaisir au sondeur ou, plus sûrement, ne veulent pas apparaître "sans opinion" - attitude typiquement masculine dans les enquêtes à objet politique -, et répondent alors un peu n'importe quoi (mais pas tout à fait n'importe quoi, en essayant de donner une cohérence bricolée à leurs réponses, une forme de "rationalité limitée" (2)). Permettez-moi de prendre un exemple vécu. Au milieu des années 90, j'ai fait une étude pour le ministère de la Justice sur "l'opinion des Français" vis-à-vis de la Justice, sur la base de plusieurs enquêtes par sondage (dont j'avais les résultats non agrégés). Un sondage faisait notamment apparaître que plus de 70% des personnes interrogées étaient favorables à "l'indépendance du Parquet" (avec un taux très faible de non-réponses). Mais, dans le même sondage, à une question "test de connaissance" (bien sûr non publiée), il apparaissait que 90% des personnes interrogées ne savaient pas ce qu'était le Parquet. Il ne s'agissait pas ici de sondages d'intention de vote, mais on voit que les personnes peuvent parfaitement opiner sans savoir de quoi parle le sondeur à l'autre bout du téléphone.

3. A cela il faut ajouter une très grande difficulté à opérer des redressements. La technique utilisée en France pour l'échantillonnage des sondages d'opinion n'est pas le tirage aléatoire (qui permet de mesurer des intervalles de confiance, autrement dit des "marges d'erreur") mais celle des quotas. La technique des quotas revient à utiliser un échantillon dont la structure est définie au préalable sur la base de variables socio-démographiques supposées stables du point de vue de leur prédicabilité du comportement. Cette technique est plus intéressante sociologiquement (et moins coûteuse aussi) que celle du tirage aléatoire, mais oblige à des redressements (c'est-à-dire la correction des résultats "bruts" du sondage) afin de tenir compte, notamment, des écarts entre l'échantillon théorique (ou espéré) et l'échantillon utilisé (ou obtenu) - par exemple j'ai "trop" de femmes parisiennes quadragénaires travaillant dans le tertiaire dans mon échantillon, et "pas assez" de jeunes hommes provinciaux agriculteurs  -, mais aussi d'un certain nombre de variables (comme par exemple les comportements électoraux passés). Le redressement, nécessaire, est toujours une opération très délicate, plus artisanale que scientifique (3).Lorsque l'opinion/intention est peu constituée face à des candidat/es encore largement virtuel/les, l'opération devient très aléatoire. En tout état de cause, des variations de 1, 2, 4 ou 5 points (voire plus) entre des candidat/es virtuel/les, sur une période courte, n'ont absolument aucune signification. Il en va de même des enquêtes sur les "électorats" des candidat/es. Par exemple le sondage Opinion Way publié dans Libération aujourd'hui (qui commence mal en affirmant qu'il existe une marge d'incertitude de 2 à 3 points par rapport à un échantillon de 1000 personnes interrogées - ce qui est statistiquement incalculable avec cette méthode d'échantillonnage (3)) est franchement comique en proposant une analyse fine de la distribution des intentions de vote par âge et CSP calculée sans doute sur moins de 100 personnes... Quand on lit, par exemple, que l'électorat de Hulot est composé à 10% de 18-24 ans contre 6% pour Joly (d'où le commentaire journalistique sur l'électorat "plus jeune" de Hulot), la variation dans l'échantillon représente au mieux 4 personnes (en données redressées).

Bref, il est facile de comprendre que, si loin de l'élection, sans connaître les candidat/es, les sondages se trompent énormément (ce qui traduit aussi le fait que les intentions de vote mesurent autre chose qu'une cote de popularité, et que si loin de l'élection les deux mesures se confondent). Quelques exemples (à la même distance de l'élection présidentielle) pour sourire : en janvier 1994, l'IFOP montre que Balladur remportera l'élection présidentielle de 1995 avec 68% contre Rocard et 64% contre Delors. Au même moment, la Sofres imagine que Balladur peut être élu au 1er tour avec 52% des suffrages.En janvier 2001, le CSA annonce que Jospin aura 29% au 1er tour de la présidentielle 2002 contre 23% pour Chirac et 9% pour Le Pen. Au même moment, tous les sondages (CSA, BVA, Ipsos, Sofres) donnent Jospin gagnant.

Alors, faisons attention à ne pas nous faire intoxiquer par les sondages.

remaniement

CHOQUANT !
Choquant, ce remaniement gouvernemental d’illusionniste !
On prend un Fillon et on recommence !fillon
Choquante, cette façon « people » de faire durer le suspens pendant 4 mois !
Choquante, la nomination du repris de justice, Alain Juppé comme Ministre d’Etat … à la Défense. Serions-nous en guerre ? Il faut quand-même savoir que le Ministère de la Défense n’a pas été Ministère d’Etat depuis 1995, qui plus est le premier dans les rangs des ministères ! Non, vraiment, quelque chose de grave a dû nous échapper : la révolution au Lichtenstein ou à Monaco, pour le moins ! Ou plus vraisemblablement, l’attaque systématique des forces de l’argent contre les peuples. Mais, dans ce cas nous pouvons douter de la capacité de ce ministère à nous défendre véritablement … En tout cas, la charge symbolique de ce ministère d’Etat est très forte et l’on peut regretter que les médias ne l’aient pas vraiment remarqué.

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