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L'enjeu du Pacte Lorraine et d'accélérer le développement économique des territoires
Pour ce faire 3 objectifs ont été définis :
- Faire de la Lorraine le cœur d'une vallée européenne des matériaux et de l'énergie
- Dynamiser les filières d'excellence et d'avenir
- Promouvoir les démarches innovantes d'attractivité et d'aménagement des territoires

J'aurais souhaité qu'on y parle plus des Lorraines et des Lorrains qui ne sont pas toutes et tous dans des filières d'excellence et d'avenir, et qui par leurs activités quotidiennes contribuent à améliorer la qualité de vie en Lorraine, parfois par des actions modestes mais néanmoins indispensables.
J'aurais souhaité qu'on y parle aussi de développement humain.

Nous sommes d'accord pour l'innovation.
Nous sommes d'accord pour de développement de l'activité, si c'est pour répondre aux besoins des populations, si cette activité économique procure du mieux-être sans causer de dommages.

Je m'interroge sur la pertinence de développer de nouvelles molécules destinées à l'alimentation :
- quand on sait les dégâts de certaines molécules chimiques sur la santé, ces molécules qui sont reconnues par l'OMS comme perturbateurs endocriniens et qui sont responsables de nombre de maladies chroniques
- quand on sait que la meilleure nourriture pour entretenir son capitale santé est une nourriture à base de produits naturels sans traces de produits chimiques si joliment appelés phytosanitaires, sans certains additifs alimentaires et surtout une nourriture à base de produits qui ont été peu transformés
Quels moyens aurons-nous pour contrôler que ces molécules n'auront pas un impact négatif sur la santé des consommateurs ?
Le 4 octobre dernier j'ai eu le plaisir d'assister à l'inauguration d'un nouveau laboratoire de l'INRS. Un laboratoire qui a pour objet entre autre la prévention des risques professionnels dans le domaine des nanotechnologies.
Combien de temps s'est écoulé entre la mise sur le marché des premières nano particules et l'inauguration de ce laboratoire en Lorraine ?
A Chaque innovation devrait répondre une recherche indépendante financée par les pouvoirs publics pour étudier l'impact de cette innovation sur la santé de la population.

Nous avons tous pu lire hier les rapports de l'OMS qui alertent sur la pollution de l'air et les risques avérés pour la santé. L'air que nous respirons est contaminé.
Tous les pays industrialisés sont concernés et pour l'Europe, la France est en tête ;

La Lorraine en partie à cause de son passé industriel a un taux plus élevé que la moyenne nationale de malades atteints de cancers et de maladies chroniques. Nous devons améliorer la qualité de notre environnement pour améliorer la santé de nos concitoyens, nous devons aussi être vigilants à ne pas produire de nouveaux risques.
La maladie génère certainement de l'activité économique et contribue à l'augmentation du PIB, mais elle a surtout un coût : Un coût humain, mais aussi un coût financier qui est supporté par la collectivité.

La plus grande richesse d'un territoire, c'est d'abord sa population, le souci premier des décideurs doit être de protéger la santé des populations avant toute décision, la question devrait être « est-ce que c'est bon pour la santé de nos concitoyens ? » ou plutôt « est-ce que ça ne risque pas de nuire à la santé de nos concitoyens ? ».
En même temps que nous devons améliorer notre environnement au sens large, pour garantir une meilleure qualité de vie et une meilleure santé aux Lorraines et aux Lorrains, et d'ailleurs beaucoup des politiques menées par notre collectivité y participent, en même temps, nous devons assurer l'accès aux soins pour les malades d'aujourd'hui qui sont pour beaucoup les victimes des pollutions d'hier.

Et il convient maintenant de tout mettre en œuvre pour assurer à ces malades un accès à des soins de qualité et un suivi efficace.
Le Pacte Lorraine fait une belle place aux technologies et équipements pour la santé et je m'en réjouis. J'ai relevé 3 domaines de la santé concernés par le pacte : La télémédecine, les biotechnologies et l'accès aux soins.

1. La télémédecine ne pourra pas et ne devra pas remplacer les professionnels de santé. Elle a pour enjeu :
- La mise en réseau des professionnels et des établissements
- Le partage d'informations
- le partage de compétences et de diagnostic
- la gestion des urgences et de la permanence des soins pour un meilleur suivi des patients
- et un accès aux soins pour les personnes qui ne peuvent pas être déplacées, ce qui peut être le cas pour les pensionnaires des EPHAD ou les personnes lourdement handicapées ou qui sont trop éloignées et pour qui le délai de prise en charge est déterminant comme c'est le cas pour les AVC.

Le GCS télésanté qui est l'interlocuteur privilégié du pôle santé sur ce sujet a présenté le mois dernier ce qui existe déjà en Lorraine.
La Lorraine aux dires du Directeur de l'ARS est une région pionnière
Mais encore faut-il se garantir que tous ces systèmes soient compatibles entre eux pour que les informations puissent circuler au bénéfice des patients
Nous nous devrons d'être vigilants à ne pas financer des dispositifs qui pourraient entrer en concurrence.
Le numérus clausus devra être augmenté pour permettre la formation et la qualification d'un plus grand nombre de médecins et pallier aux départs en retraite programmés.

2. A propos de la Silver économie,
Pour l'accompagnement des personnes en perte d'autonomie, c'est surtout d'accompagnant-e-s dont on aura besoin et de nouveaux métiers, mais aussi d'appartements adaptés pour que chacune et chacun puisse trouver la solution qui lui convient le mieux

3. L'accès aux soins :
La Lorraine est la région qui a le plus développé son réseau de Maisons de Santé Pluri professionnelles. Elle a initié une évaluation des MSP en collaboration avec l'ARS.
Les résultats de l'évaluation sont plutôt positifs même s'il y a forcément une marge de progrès. On a noté :
- Des meilleures conditions de travail pour les professionnels
- Des pratiques partagées
- Et surtout la satisfaction quasiment unanime des usagers

Le choix d'élargir ce dispositif aux quartiers relevant des politiques de la ville me semble aller dans le bon sens parce que dans ces quartiers, il est urgent de favoriser l'accès aux soins pour une population qui souvent ne prend plus le temps de se soigner, parce que ce n'est pas le plus urgent, parce que c'est trop loin, parce que c'est trop cher.

Je vais conclure en affirmant que nous, écologistes, voulons participer au rayonnement de la Lorraine, mais que la compétitivité et l'emploi ne peuvent pas être les seuls critères.
Les lorrains doivent être au cœur de nos politiques puisqu'il y aura mobilisation d'argent public pour faire vivre ce pacte.
Nous devons aussi exiger que les projets qui seront mis en œuvre :
- Répondent au besoin de la population
- Soient utiles
- Et surtout, ne nuisent pas

Aujourd'hui la Lorraine est une Région en transition dans le sens de l'Europe, c'est à dire : territoire rural, vieillissant et marqué par le déclin économique avec un PIB par habitant (exprimé en standard de pouvoir d'achat) inférieur à 90% de la moyenne européenne.

Nous voulons une démarche locale, positive, collective pour que la Lorraine devienne une Région en transition dans le vrai sens du terme, c'est à dire une région où la Transition en question est le passage « de la dépendance aux énergies fossiles à la résilience locale ». Une région où la population est invitée à créer un avenir meilleur et moins vulnérable devant les crises écologiques, énergétiques et économiques en agissant dès maintenant pour :
• réduire la consommation d'énergie fossile ;
• reconstruire une économie locale vigoureuse et soutenable
• relocaliser ce qui peut l'être ;
• S'appuyer sur l'existant pour le faire fructifier

Une région où le développement humain est au cœur des politiques publiques