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Le débat sur «  le loup » est relancé avec la parution du décret autorisant les tirs de prélèvement en France, y compris dans les Vosges.

En tant que vice-présidente du Parc Régional des Ballons des Vosges je me suis saisie de la question dès l’été dernier alors que sa présence sur le massif se confirmait avec des attaques répétées sur les troupeaux de moutons.

Mon engagement n’a pas été de prendre position publiquement sur le « pour ou contre »,  une de plus parmi toutes les voix discordantes qui se sont élevées et qui n’aurait rien eu de constructif  mais bien d’œuvrer pour que le PNRBV remplisse son rôle en travaillant aux côtés des éleveurs et  acteurs concernés à élaborer une stratégie d’aide aux éleveurs pour adapter le pastoralisme à la présence de ce prédateur.

En effet, il ne s’agit pas de débattre sur la question d’accepter ou pas le loup, en cela ma position est partagée avec des militants locaux d’EEL, mais bien d’intégrer les impacts de son retour naturel sur le pastoralisme qui s’est développé sur les Vosges hors de sa présence. Le véritable enjeu est celui de la survie de l’élevage ovin sur le massif car, même s’il est établi que le loup se nourrit plus d’animaux sauvages que d’élevage, il a déjà provoqué dans nos troupeaux regroupés sur des espaces restreints des dégâts proportionnellement plus considérables que dans les autres massifs. Ce n’est pas surfait que de dire que certains bergers qui ont subi des attaques répétées l’an passé sont traumatisés.

Il faut être conscient que le décret autorisant 11 prélèvements sur toute la France n’est pas une mesure d’éradication ni la plus grosse menace pour la survie de l’espèce. Le braconnage n’a pas attendu ce décret pour s’autoriser des tirs même hors de toute menace sur le cheptel. On peut même s’autoriser à espérer qu’il permette de mettre en place une répression plus forte contre les tirs non autorisés.

Certes, l’idéal est la cohabitation harmonieuse entre loups et humains, nous n’y sommes pas. Il nous appartient, nous défenseurs de la biodiversité, non seulement de combattre les préjugés, les idées toutes faites, convaincre de l’utilité d’un grand prédateur en France mais  aussi de mobiliser notre énergie aux côtés des éleveurs à trouver des solutions pour limiter au maximum les conséquences négatives de sa présence.