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Intervention deu Guy Harau lors des débats sur le DOB:

 "Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs,

En janvier viendra le temps des chiffres ; aujourd’hui nous sommes là pour définir des objectifs et des priorités, dans le contexte d’une  baisse amplifiée des dotations de l’Etat.  Baisse qui ralentira l’investissement des collectivités territoriales, soutien de l’économie  locale.

Dans cet hémicycle comme au Parlement, les écologistes s’opposent à cette orientation et travaillent à rendre la plus efficace possible la dépense publique. Elle doit soutenir les lorraines  et des lorrains dans leur quotidien en les aidant à :
Améliorer leur  déplacements décarbonés, et pas uniquement  dans le Sillon lorrain.
Maitriser la facture énergétique des entreprises et des familles.
Se former en réponse aux besoins structurels et conjoncturels des entreprises.

Une gestion écologique de la dépense publique c’est, pour la Lorraine :
-    des éco-conditions dans nos politiques régionales
-    un opérateur énergétique polyvalent
-    des fonds européens et un Contrat de Plan Etat Région mobilisés pour la transition écologique de l’économie et des territoires

Concernant  la Grande région Transfrontalière et la future Région (ALCA, Grand Est ou Alsace et environs, peu importe) on aurait espéré des projets communs  dans le cadre du plan Juncker de 300 milliards mais il semble que les projets sont déjà préfigurés et que les dés sont jetés.
Nous regrettons également l’abandon récent par la Commission Européenne des paquets législatifs sur la qualité de l’air et l’économie circulaire,

La France accueillera, en décembre 2015, la 21ème Conférence sur le climat des Nations Unies, les conclusions des conférences et la dernière qui vient de se terminer à Lima ne sont pas toujours accueillie positivement par les écologistes. Les préparations de cette Conférence montrent que la France aimerait marquer une étape plus importante dans l’engagement des Etats, mais encore faudrait-il que l’Etat comme les collectivités territoriales prennent et tiennent des engagements contraignants pour maintenir l’évolution de la  température globale en deçà de 2°C. Il s’agit d’adapter nos territoires aux conséquences des dérèglements climatiques, de multiplier et d’encourager les pratiques respectueuses de la terre et des hommes.

J’ai évoqué plus avant les contraintes que nous impose la politique de l’Etat, mais l’autre partie des difficultés vient des choix dans notre région.
Pour les écologistes, il faut en finir avec les grands projets inutiles.
Bure, quoi qu’en pensent certains, n’est pas une bonne réponse au stockage des déchets nucléaires.
Le grand carénage à Cattenom, comme ailleurs, c’est poursuivre dans la voie du nucléaire et manquer le passage à la transition énergétique. Préfigurer le prolongement des Installations Nucléaires de Base sans attendre le résultat des visites tri et quadri décennales est pour nous un déni de démocratie.

Le barreau autoroutier Toul-Dieulouard et le contournement ouest de Thionville sont des réponses du XXème siècle à la mobilité d’aujourd’hui et de demain, et l’écotaxe si elle venait à voir le jour dans notre région ne peut concerner ces projets.

Malgré des désaccords, nous sommes depuis 2004 dans la majorité et notre participation a permis la prise en compte de l’écologie dans un bon nombre de dossiers régionaux. Pourtant il reste beaucoup à faire et dans ces temps  où tout le monde parle de transition énergétique il nous semble que nous reculons sur le sujet de l’écologie.

On ne nous fera pas croire que la crise en est seule  «responsable».
Un taux de croissance à 3% et un productivisme acharné sont des valeurs d’un autre siècle.

La transition écologique est la réponse à cette situation.

Les circuits courts, les énergies renouvelables, l’économie circulaire, les industries de la transition énergétique sont des outils de cette transition et la source de nombreux emplois pour demain. Oui, il y a de la place en Lorraine pour de la production d’acier bas carbone !

Parce que lutter contre la pollution de l’air et de l’eau, encourager l’agriculture biologique de proximité c’est bon pour nos poumons, nos estomacs, pour l’économie locale  et même pour la sécurité sociale. Oui le lien santé environnement est évident. L’Organisation Mondiale de la Santé vient de reconnaitre que les maladies chroniques sont maintenant plus fréquentes que les maladies transmissibles. L’état de santé de notre environnement n’y est pas pour rien. Alors pourquoi avancer avec tant de lenteur sur ces sujets ?

Nous ne souhaitons pas un budget d’austérité  ni un budget qui fasse seulement  la part belle à de grands groupes industriels dont nous ne maîtrisons pas toujours la responsabilité sociale et environnementale.

Nous attendons un BP lisible et transparent sur les choix budgétaires, sur ce qu’il convient de réduire voire de supprimer, quelles conséquences pour l’emploi actuel, pour quels motifs, au profit de quelles politiques. Nous voulons  pouvoir voter en janvier un budget qui donne des perspectives et aménage durablement le territoire."